mercredi 3 juin 2009

Un brin de philosophie



"Voilà donc ma pensée profonde du jour : c'est la première fois que je rencontre quelqu'un qui cherche les gens et qui voit au-delà. Ça peut/araître trivial mais je crois quand même que c'est profon . Nous ne voyons jamais au-delà de nos certitudes et, plus grave encore, nous avons renoncé à la rencontre, nous ne faisons que nous rencontrer nous-mêmes sans nous reconnaître dans ces miroirs permanents. Si nous nous en rendions compte, si nous prenions conscience du fait que nous ne regardons jamais que nous-même en l'autre, que nous sommes seuls dans le désert, nous deviendrions fous. Quand ma mère offre des macarons de chez ladurée à Mme de Broglie, elle se raconte à elle-même l'histoire de sa vie et ne fait que grignoter sa propre saveur; quand papa boit son café et lit son journal, il se contemple dans une gloce tendance méthode Coué; quand Colombe parle des conférences de Marian, elle déblatère sur son propre reflet et quand les gens passent devant la concierge, ils ne voient que le vide parce que ce n'est pas eux.
Moi, je supplie le sort de m'accorder la chance de voir au­delà de moi-même et de rencontrer quelqu'un."


Extrait de "l'élégance du hérisson" de Muriel Barbery.

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